SOCRATE ET LE COACHING

« Connais-toi toi-même »

Socrate, le père de la philosophie occidentale, est en quelque sorte le premier coach de l’histoire ; son habileté à discourir, à dialoguer consistant à vouloir mieux s’unir à l’autre dans la recherche d’une vérité plus grande.

L’art du questionnement pour faire accoucher les esprits (la maïeutique) est une arme stratégique de destruction massive des illusions, des prétentions et des faiblesses morales.

Retranscris par son disciple Platon, les dialogues socratiques (le Banquet,  Phédon, Phèdre…) mettent en scène le philosophe qui recherche la vérité et le sophiste qui recherche le vraisemblable.

Face au développement rationnel de la pensée, à l’illusion de la maîtrise intellectuelle, au brillant des techniques rhétoriques, le philosophe oppose un questionnement chirurgical qui met en évidence les incohérences de celui qui croit savoir.

Ces dialogues sont dits aporétiques (contradictoires dans le raisonnement) car ils finissent par l’émergence d’une situation illogique et sans conclusion.

En effet, jamais Socrate ne donne la réponse au sujet traité : à la question qu’est-ce que l’amour, la beauté, la justice… Il invite l’autre à trouver sa réponse individuelle, personnelle, relative, intuitive, hors du champ de la vérité universelle.

Toute réponse est donc intérieure.

Car en faire une vérité rationnelle et universelle c’est en faire une théorie sophistique : vouée inéluctablement à l’échec, condamnée à la partialité et aux contingences. C’est faire preuve d’orgueil.

Quel est le rapport avec un coach ?

Le coach qui n’est ni dans le jugement, ni dans l’interprétation part du postulat que l’autre a sa vision du monde et qu’il s’agit de la respecter.

Il y a un territoire mais autant de cartes de ce territoire qu’il y a d’individus.

Chacun détient « sa » vérité : à chacun ses croyances, ses valeurs, ses besoins et ses limites.

Chacun détient une réponse personnelle et intérieure.

Le coach utilise comme Socrate l’outil fondamental qui est l’art du questionnement. Puis il aiguille l’autre vers la prise de conscience de ce qui est bien pour lui : ce qui est vrai, beau et juste pour lui.

C’est cette ouverture d’esprit et cette humilité intellectuelle qui rapproche le coach du philosophe antique quand l’éthique est bien sûr au rendez-vous.

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